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Tolérer la haine

Qui a peur des femmes qui parlent?

Écrit par Anne-François Ethier-Sirois

Publié le 2 avril 2025

Sur Internet, les trolls antiféministes pullulent comme des moustiques en juillet : bruyants, agaçants, souvent anonymes, mais surtout, révélateurs d’un sexisme persistant.

Ils se faufilent dans les fils de discussion, armés de sarcasme et de mauvaise foi, prêts à harceler celles et ceux qui osent parler d'égalité. Leur objectif ? Faire taire, ridiculiser, et surtout, maintenir un ordre social où les femmes restent à leur place. Mais au fond, qu'est-ce qui les effraie tant ? Le changement. Le partage du pouvoir. Et surtout, les femmes qui ne s'excusent plus d'exister.

Rachel Gilmore : une journaliste réduite au silence

Rachel Gilmore, journaliste canadienne, vient tout juste d'en faire l’expérience. Son « tort » ? Vérifier les faits et démonter les fausses informations propagées par les conservateurs de Pierre Poilievre. Moins de 24 heures après son passage à la télévision, elle devient la cible d’une offensive massive de trolls. Insultes, calomnies, menaces… Un harcèlement en ligne orchestré avec une efficacité redoutable.

Quand les médias cèdent sous la pression

Et que fait CTV face à cette tempête orchestrée? Elle capitule. Plutôt que de défendre le journalisme et la liberté d'expression, la chaîne choisit de couper le micro à Rachel Gilmore, prétextant qu’elle est devenue une « distraction ». En clair : si la droite radicale fait assez de bruit, elle peut dicter qui a le droit de parler. Et qui doit disparaître.

Et croyez-le ou non, mais ceci n'est pas un cas isolé : Magali Picard, présidente de la FTQ, semble subir elle aussi une offensive acharnée. Les trolls conservateurs et les groupes d’extrême droite envahissent ses publications, cherchant à l’intimider. Mais Magali Picard refuse visiblement de plier. Dans une vidéo récente, elle appelle à riposter collectivement, à ne plus laisser ces attaques réduire au silence les femmes engagées.

Une offensive coordonnée contre les voix dissidentes

Car non, ce ne sont pas « juste quelques clowns » avec trop de temps libre. C’est une stratégie bien huilée. La droite radicale a fait du harcèlement en ligne une arme politique. Et devinez qui elle vise en priorité ? Les femmes, les personnes racisées, les communautés LGBTQ+. En politique, ce climat toxique pousse déjà de nombreuses élues à abandonner leur mandat, surtout au niveau municipal où les attaques sont des plus virulentes. Rachel Gilmore n’est que la dernière victime d’un système qui cherche à museler celles qui dérangent.

Il faut que ça change. Il est hors de question de regarder nos espaces en ligne devenir des zones de non-droit où les trolls font la loi. Alors, on fait quoi ?

On s'organise. On riposte. On se soutient. C’est pourquoi nous lançons aujourd’hui la Brigade féministe numérique. Un espace d’action et de solidarité pour reprendre le terrain virtuel. Parce que l’Internet, ce n’est pas leur terrain de jeu, c’est notre espace à tous et toutes.

On se retrouve sur le terrain.

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Anne-François Ethier-Sirois

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