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Crise du logement

Les barons de l’immobilier parmi les donateurs des Conservateurs

Une histoire d’argent, de logements et de curiosités

Écrit par Lola Tremblay

Publié le 5 janvier 2025

Quand l’accessibilité au logement croise les intérêts des plus riches, tout est permis… sauf de répondre aux vraies questions.

Poilievre joue au défenseur du peuple, mais… de quel peuple, au juste?

Pierre Poilievre, le leader des Conservateurs, semble s’être fait une spécialité de dénoncer la crise du logement. Il hurle contre les prix des loyers qui montent en flèche, se présentant comme le sauveur de tous ceux qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts. Mais surprise! Derrière les beaux discours, des chiffres semblent mettre en lumière une autre réalité : celui qui se veut le champion des Canadiens est aussi… un ami des géants de l’immobilier.

Loin de nous l’idée de faire un procès d’intention, mais il faut tout de même se demander : comment un homme qui prétend représenter les « gens de la classe moyenne » peut-il, sans sourciller, accepter des dons de ces mêmes magnats de l'immobilier responsables de l’envolée des prix?

Le magnat immobilier Richard Abboud : un donateur qui coûte cher

Prenons, par exemple, Richard Abboud, le PDG de Forum Asset Management - une entreprise qui transforme des logements abordables en suites de luxe, et qui a fait don de 7 875 $ aux Conservateurs depuis 2017 (CBC News). N’est-ce pas curieux? Attendez la suite.

Après que cette même entreprise ait été mise en lumière en 2023 par l’entremise d’une vidéo virale, Poilievre a eu l’audace d’en faire une publication sur X tout en prenant la peine de pointer du doigt les « huit années de Trudeau et du NPD » et surtout, d’éviter soigneusement de mentionner le nom de ses généreux donateurs.

Les REITs : des requins de l’immobilier dans un océan de loyers élevés

Selon Penny Gurstein, professeur émérite du School of Community and Regional Planning de l’Université de la Colombie-Britannique, les REITs (fiducies de placement immobilier) seraient notamment les grandes responsables de la flambée des prix. En effet, en achetant massivement des propriétés, elles transforment des logements destinés à être des foyers en produits financiers. Ces REITs, qui sont comme les financiers de l’immobilier, ont vu leurs profits augmenter dans les dernières années, même si les loyers, eux, ne cessent (évidemment) jamais de grimper. 

Rencontrez donc Jason Jogia, directeur des investissements d’Avenue Living Real Estate Core Trust, ayant gracieusement donné 1 900 $ aux Conservateurs en 2022. Un homme visionnaire, probablement, puisque sa stratégie d'entreprise est notamment de cibler des provinces où « les loyers ne sont pas contrôlés ». Charmant, non? (Source : The Globe and Mail).

Une question qui brûle les lèvres : à qui sert réellement Pierre Poilievre?

C'est là qu’un questionnement se pose. Poilievre veut-il vraiment s'attaquer à la crise du logement ou profite-t-il simplement de cette cause pour séduire l'électorat, tout en fermant les yeux sur les donations provenant de ceux qui profitent des prix élevés?

Derrière ses promesses, il y a des noms comme Paolo Abate (Haven Developments - ayant fait des dons de 6600$ entre 2020 et 2022) ou Julian Schonfeldt (Canadian Apartment Properties - dont les donations sont estimées à 7060$ entre 2012 et 2020). Ces gens-là ne donnent généralement pas pour le plaisir; ils investissent plutôt dans des politiques qui leur rapportent.

Ne m’en voulez donc pas de reformuler la question : à qui sert réellement Pierre Poilievre? Aux Canadiens qui luttent pour se loger? Ou à ceux qui transforment des logements en produits financiers? Et surtout, le « gros bon sens » est-il un plan pour les citoyens ou pour ses généreux donateurs?

Ne soyons pas des « gros épais »

Au Québec, on sait se tenir debout, surtout quand on sent qu’on se fait avoir. 

Pierre Poilievre a passé plus d’une décennie aux côtés de Stephen Harper et a même siégé à son Conseil des ministres. Comme Ministre de l’Emploi et du Développement social (oui, vraiment), il faisait partie d’un gouvernement qui a laissé disparaître environ 600 000 logements sociaux entre 2006 et 2015. Résultat ? Des immeubles vendus à des entreprises privées et une crise du logement qui ne fait que s’aggraver.

À quoi ressemblerait donc l’âge de Pierre? Celui de l’espoir déçu, où les solutions à la crise du logement s’éloigneraient encore plus, laissant derrière une population luttant pour se loger dignement.

Aux prochaines élections, allons voter, pas par plaisir, mais par nécessité. Ne laissons pas un gouvernement nous prendre pour des « gros épais » et empirer une crise qui touche - grossièrement - à toutes les personnes que nous connaissons. 

Ne revenons pas dans le passé. Ensemble, bloquons Poilievre.

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Lola Tremblay

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