
Poilievre se lance en campagne… mais qui est-il vraiment?
Écrit par Anne-François Ethier-Sirois
Publié le 26 mars 2025
Dimanche dernier, Pierre Poilievre lançait officiellement sa campagne électorale, entouré de sa femme et de ses deux enfants, dans une mise en scène bien ficelée : le père de famille aimant, protecteur, rassurant.
Une image soigneusement construite pour séduire l’électorat, surtout en période électorale. Mais derrière ce vernis familial, il y a des alliances politiques beaucoup moins reluisantes.
Poilievre, le parfait père de famille… vraiment?
Parce que Poilievre, ce n’est pas juste un père de famille. C’est aussi un politicien surnommé « le Pitbull » à ses débuts en politique, en raison de son style agressif et acerbe à la Chambre des communes. Un style qui plaît à une certaine frange de l’électorat masculiniste — et ce n’est pas une coïncidence.
Le Pitbull de la droite dure
Depuis plusieurs années, des vidéos de Pierre Poilievre circulent sur YouTube avec des balises comme #MGTOW, acronyme de Men Going Their Own Way. Si tu connais pas, c’est un courant profondément antiféministe qui rejette carrément l’idée d’égalité entre les genres et célèbre l’émancipation des hommes... de toute forme de responsabilité envers les femmes. Rien de très subtil.
Pourquoi les masculinistes l’adorent
Le plus inquiétant ? Ces contenus ne sont pas produits par Poilievre lui-même, mais ils reprennent ses discours, ses clips, ses interventions. Ils le présentent comme un héros de la « vérité qui dérange ». Et ces vidéos ne tombent pas du ciel : elles s’inscrivent dans une stratégie bien connue de « dog-whistling », ou signalisation discrète à des groupes idéologiques extrêmes. Une façon de dire « je suis de votre bord » sans jamais le dire clairement devant tout le monde.

Ce n’est donc pas juste une coïncidence malheureuse si ses propos circulent sur des plateformes masculinistes. C’est révélateur d’un climat politique où des figures comme Poilievre deviennent des vecteurs de radicalisation antiféministe — même (ou surtout) quand ils se présentent comme des figures familiales lisses et modernes.
Derrière le sourire, une vision dangereuse
Et ce n’est pas un cas isolé. On le voit aussi dans ses prises de position sur l’avortement, sa proximité avec des figures conservatrices radicales et son refus de reconnaître l’existence même de l’oppression systémique. Derrière le sourire bien coiffé, c’est toujours « le Pitbull » qui attaque les mouvements sociaux, les syndicats, les journalistes, les féministes.
Alors non, ce n’est pas juste une question de style ou de rhétorique. C’est une vision du monde. Une vision où les masculinistes trouvent une oreille attentive et où les femmes, les personnes queers, les personnes racisées et les travailleuses sont encore vues comme des menaces à contenir.
En 2025, on mérite mieux qu’un retour à l’âge de pierre. On mérite un débat politique qui ne recycle pas les pires idées des forums Reddit de 2010. Et on va être là pour le rappeler. Fort. Souvent. Ensemble.
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Tolérer la haine
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