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Accès à l'avortement

Le droit à l’avortement : une liberté en sursis sous l’âge de Pierre

Écrit par Tom St-Pierre

Publié le 6 mars 2025

Dans de nombreux pays, notamment en Amérique du Nord, en Europe de l'Est et en Amérique Latine, les droits reproductifs sont de plus en plus contestés. L'exemple récent de la décision de la Cour Suprême des États-Unis d'abolir l'arrêt Roe v. Wade en 2022 a mis en péril l'accès à l'avortement dans de nombreux États. Si cette décision a été vue comme une victoire pour les conservateurs et les chrétiens évangéliques, elle représente un recul dramatique pour les femmes et leur droit de choisir. 

Ici, au Québec comme ailleurs au pays, le droit à l’avortement a longtemps été considéré comme un acquis, un symbole d’émancipation et de justice sociale. Pourtant, ce droit fondamental est menacé par des forces politiques qui cherchent à réécrire les règles au détriment des femmes. À la tête de ce mouvement conservateur, Pierre Poilievre, chef du Parti conservateur du Canada, cultive une ambiguïté troublante sur la question, laissant la porte ouverte à des reculs qui pourraient bouleverser la vie de milliers de Canadiennes.

Nous devons prendre cette menace au sérieux: : les attaques contre le droit à l’avortement ne sont pas simplement de grand mots de politiciens. Ce sont des actions stratégiques, ancrées dans des idées arriérées qui n’ont rien à voir avec le progrès social. Si nous ne restons pas vigilants et vigilantes, ce qui semble impensable aujourd’hui pourrait devenir notre réalité demain. L’âge de Pierre et ses politiques néolithiques nous guettent.

Poilievre et l’avortement : une danse ambiguë

Pierre Poilievre affirme publiquement être pro-choix, mais les faits racontent une tout autre histoire… et elle n’es pas jojo! Sous sa direction, plusieurs députés conservateurs ont proposé des projets de loi visant à restreindre l’accès à l’avortement ou à redéfinir les droits des fœtus dans le Code criminel, une stratégie subtile, mais dangereuse, qui re-criminalise les interruptions de grossesse.  Parmi ces initiatives, on retrouve le projet de loi C-225, proposé par les conservateurs en 2016, qui introduit des protections pour les « enfants à naître ». C’est une manière détournée de reconnaître des droits au fœtus au détriment des droits des femmes. C’est aussi une menace directe au « droit de choisir » pour lequel les féministes se sont durement battues pendant des décennies.

Ces propositions s’inscrivent dans une stratégie calculée. Plutôt que de s’attaquer frontalement à la légalité de l’avortement, les conservateurs misent sur des changements progressifs, déguisés en initiatives de « protection des droits » ou de « sécurité ».

Derrière les discours rassurants, c’est un recul déguisé des libertés reproductives qui se joue.

Le Québec : bastion de la liberté menacé

La montée des mouvements anti-choix, bien que minoritaires, s’organise même ici, avec des campagnes de désinformation et un lobbying actif. Et si le fédéral commence à réduire le financement ou à imposer des restrictions, les répercussions se feront sentir partout au pays, y compris chez nous.

Imaginez un instant un Québec où les cliniques d’avortement doivent fermer par manque de financement ou sous pression législative. Un endroit où les femmes qui se rendent dans une clinique doivent entendre le discours haineux des militants anti-choix qui leur bloque l’accès aux soins de santé qu’elles ont choisis. Un endroit où les femmes, en particulier celles qui vivent en régions éloignées, doivent traverser des centaines de kilomètres pour accéder à des soins médicaux pourtant essentiels (ce qui est déjà le cas dans certaines régions du Québec, malgré nos propres avancées sociales). Ce scénario dystopique, que l’on croit réservé aux États-Unis, pourrait devenir notre réalité si nous ne restons pas vigilants.

L’hypocrisie conservatrice : un art maîtrisé

Pierre Poilievre, tout en prétendant ne pas vouloir rouvrir le débat sur l’avortement, tolère et encourage de manière cachée des initiatives de son parti qui visent précisément cet objectif. C’est une stratégie politique efficace : d’un côté on apaise les modérés et de l’autre, on laisse le champs libre à la la base conservatrice anti-choix 

Ce discours à deux faces est très dangereux. En ne prenant pas position clairement pour le droit à l’avortement, Poilievre ouvre la porte à des attaques répétées contre les droits des femmes. La question n’est plus de savoir si ces attaques auront lieu, mais quand et avec quelle intensité.

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Heureusement, des partis comme le NPD, avec à leur tête Jagmeet Singh, se mobilisent pour défendre l’accès à l’avortement. En 2023, le NPD a proposé une motion visant à contrer les initiatives anti-choix et à garantir un meilleur accès aux services d’avortement dans tout le pays. Cette motion a permis de mettre en lumière les intentions conservatrices et de rappeler que le combat pour les droits reproductifs est loin d’être terminé.

Ces prises de position, bien que minoritaires, témoignent de l’importance de la résistance face à ces tentatives de régression.

Refusons l’âge de Pierre

Le droit à l’avortement est loin d’être un acquis sur lequel on peut se fier.  Chaque recul, aussi minime soit-il, met en danger l’équilibre fragile des libertés individuelles. Au Québec, où la défense des droits sociaux est une fierté, il est impératif de rester vigilants et mobilisés. Informez-vous. Exigez des réponses claires de vos représentants politiques. Soutenez les organisations qui luttent pour protéger ces droits.

Ne laissons pas le droit à l’avortement devenir une relique du passé. Défendons-le avec ferveur et détermination. Ensemble, assurons la liberté fondamentale de chaque femme à disposer de son corps, de sa santé et de sa liberté. Ne revenons pas dans le passé. Ensemble, bloquons Poilièvre. 

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Tom St-Pierre

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